Maman
Je voulais, Maman, te dire merci, ce petit merci tout simple que tu m’as appris dès l’enfance, signe de reconnaissance et d’amour.
Comme toutes les mamans, tu as su un jour ouvrir ton corps comme un écrin pour recevoir le plus pur des bijoux : la vie. Et la vie tu me l’as offerte, à pleines mains, à pleines dents, comme on croque un fruit gorgé du soleil d’été. Tu as bercé mes nuits et mes chagrins d’enfant, comme toutes les mamans. Tu as fais cuire le pain et préparé les repas pour les plaisir de les partager avec moi.
Comme toutes les mamans, tu t’es senti comblée à mon premier sourire, tu as accompagné de ta fragile main mes premiers pas, tu as frémi devant mes genoux couronnés. Te souviens-tu, Maman, comme tu étais inquiète, le jour où j’ai lâché ta main pour me fondre dans la foule ? Vous m’avez tant cherché, ce jour-là papa et toi ! Longtemps j’ai cru que tes yeux brillaient de colère en me retrouvant, là, assis à discuter. Mais j’ai compris depuis que la ride qui barrait ton front et les larmes qui noyaient tes yeux étaient les marques de l’Amour.
Comme toutes les mamans, tu as été fière de me voir grandir, de voir peu à peu mes épaules atteindre les tiennes, puis ma tête dépasser ta belle chevelure. C’est un bonheur mêlé de doutes qui devait serrer ton ventre, alors : peur de l’inconnu, de me voir partir sur le chemin de ma vie , et confiante, car comme toutes les mamans, tu savais bien que ma vie n’était pas près de toi, mais tournée vers les autres.
Tu m’as suivi de loin sur les routes, discrète et présente, toujours là au cas où j’aurais besoin de toi. A Cana, tu m’as encouragé, et dans tes yeux j’ai puisé la force, le vin de la vie pour ces noces.
Tu m’as caché tes larmes, tu n’as jamais voulu me retenir. Mes plus grands réconforts étaient ton sourire rassurant et je voulais savoir dire « ‘Oui », ce « oui » que, comme toutes les mamans, tu avais su dire à la vie.
Tu m’as suivi, Maman, sur mon chemin de croix, et il est devenu ton chemin de croix.
Tu m’as reconnu sans mal dans ma résurrection. Et tu es devenue la Mère de tous mes frères.
Je voulais te dire, Maman, comme tous les enfants aiment le faire, Bonne Fête ! Bonne fête comme ce merci que m’as appris dès l’enfance, signe de reconnaissance et d’amour…
Jésus.
Isabelle DESCOURS revue « A travers chant » N°89 mais 2009